Knowledge for Development

Produits de base

Le Groupe des États ACP doit adapter sa démarche de production, de commercialisation et de distribution agricole pour répondre aux exigences de la compétition nationale, régionale et internationale. Les produits de base traditionnels tels que la banane, le café et le sucre ne peuvent plus bénéficier de prix garantis ni d’un accès immédiat aux marchés internationaux. Quelle doit donc être la réponse de la région ACP ? Les produits vivriers considérés traditionnellement comme garants de la sécurité alimentaire, comme le manioc, sont maintenant étudiés sous un nouveau jour. Les chercheurs peuvent-ils aider les pays à prendre des décisions avisées permettant d’améliorer l’efficacité, la rentabilité, la qualité et la compétitivité ?


Cassava Les liens industriels, la recherche en partenariat et les innovations qui peuvent faire passer le manioc du statut de plante vivrière à celui d’un produit agro-industriel de premier plan sont examinés ici. On retiendra particulièrement les usages agro-industriels du manioc qui peuvent accélérer le développement du secteur au sein des communautés qui dépendent principalement de cette plante. Les stratégies Science, technologie et innovation (ST&I) seront manifestement cruciales pour la poursuite ou la promotion des utilisations du manioc dans le secteur agro-industriel ; elles devront intervenir tout au long de la filière manioc, de la préparation à la distribution en passant par la culture, la récolte, les opérations post-récolte, la transformation, l’emballage et la commercialisation. Une telle mutation du secteur demande des réformes institutionnelles et des programmes spécifiques afin que chacun prenne conscience du potentiel économique du manioc, bien au-delà de son statut de plante vivrière. La valeur nutritionnelle du manioc, son utilisation potentielle comme vecteur de vaccinations, biocarburant, plante fourragère ou sucrière, l’intérêt de sa fécule dans l’agro-industrie alimentaire ou non alimentaire, tous ces éléments jouent un rôle majeur dans la mutation du secteur. Il est également important de mettre rapidement en place une stratégie de recherche visant à sélectionner et à promouvoir des variétés de manioc durablement adaptées à un tel projet agro-industriel. Dans cette approche, il conviendra de distinguer les différents contextes possibles, à savoir : si le manioc domine les autres céréales, s’il est en position de faiblesse par rapport à elles ou s’il est facilement interchangeable avec elles. L’implication des États, des chercheurs spécialisés, des responsables politiques, des industriels, des producteurs et de tous les acteurs de la filière est évidemment nécessaire pour atteindre ce but ; il convient également d’agir pour mettre durablement en phase les producteurs de manioc et les marchés émergents. Les points déterminants de cette mutation seront les aides gouvernementales à la création de petites et moyennes entreprises de transformation du manioc et une recherche en partenariat orientée produit. 30/10/2006
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Sugarcane On estime la production totale des 110 pays producteurs de sucre à hauteur de 144 millions de tonnes en 2004/2005. Il convient de noter que la plus grande partie du sucre produit dans le monde est consommée sur place, 25 % seulement de cette production faisant l’objet d’un commerce international ; trois pays - le Brésil, la Thaïlande et l’Australie - s’attribuent près de la moitié de ce marché à l’export (Illovo, 2005). Outre les 300 000 emplois directs dans les grandes plantations et les petites exploitations, l’industrie sucrière procure des emplois induits à des centaines de milliers de personnes tout au long de la filière sucre et des millions de familles dans le monde dépendent directement ou indirectement de l’industrie du sucre pour subsister. Dans plusieurs pays ACP, le sucre fait partie des premières ressources de l’économie nationale. Il représente par exemple 17 % du PIB de la Guyana, 24 % de celui du Swaziland, et 90 % de la production agricole de Fidji. La décision de l’Union européenne (UE) de modifier le régime communautaire du sucre va entraîner pour les pays ACP une perte significative de revenus et sévèrement mettre à mal leur économie. Certaines entreprises disparaîtront, alors que d’autres devront profondément réajuster et moderniser les étapes de la culture et de la transformation pour rester compétitives au niveau mondial et économiquement viables. À la fin de ce processus de restructuration, bon nombre d’entreprises - et donc d’emplois - auront disparu, entraînant ces pays dans la spirale du déclin économique et social. Sachant que l’essentiel du sucre est consommé localement, les pays ACP doivent explorer plus avant les nouvelles sources de revenus que représentent la cogénération et le carburant éthylique, tout en diversifiant les débouchés traditionnels (mélasse, rhum, sucre emballé, sirop brut ou aromatisé) avec de nouveaux produits ou des stratégies commerciales inédites. On doit cependant espérer que les acteurs de l’industrie du sucre ACP se donneront les moyens d’examiner toutes les opportunités offertes par la recherche, l’ingénierie et l’innovation technique en établissant des réseaux de partenariat stratégique public-privé au niveau national, régional et mondial. C’est le seul moyen pour eux d’éviter l’effondrement du secteur et de devoir ensuite importer du sucre pour la consommation locale et les entreprises de transformation. 30/10/2006
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