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Articles de fond


Analyse du système post-récolte au Ghana : étude de cas sur le manioc

Le niveau élevé des pertes post-récolte fait partie des défis qui s’imposent aux pays africains en matière de sécurité alimentaire. En Afrique subsaharienne, la valeur annuelle de ces pertes est estimée à environ 48 milliards USD. Au Ghana, par exemple, les pertes post-récolte pour le maïs, le manioc et l’igname s’élèvent respectivement à 35 %, 35 % et 24 %. Toutefois, une étude réalisée par Rickard et al. (1992) sur la culture du manioc au Ghana a noté des pertes physiques post-récolte moins élevées et a estimé que le pourcentage de pertes ne devait guère dépasser les 5 %. D’après Rickard et al., les chiffres supérieurs tiennent compte des pertes physiques post-récolte, qui représentent une perte financière directe pour le producteur, le négociant, le transformateur et le consommateur. Toutefois, ces chiffres n’indiquent généralement pas à quelle étape de la chaîne les pertes se produisent, ni les différences qui existent entre les centres de production. De plus, les données disponibles ne font souvent pas la différence entre la détérioration du manioc frais après récolte et les pertes de produits transformés. Il est nécessaire d’examiner le système post-récolte ghanéen pour déterminer le volume des pertes post-récolte, comprendre leurs causes et évaluer si des données sont disponibles et si elles sont utilisées pour appuyer les politiques et les pratiques.

5/06/2014


Feuille de route pour le développement durable de la filière agro-industrielle du manioc en Jamaïque

La feuille de route sur la chaîne de valeur du manioc a été élaborée à partir du compte rendu d’un atelier national organisé à Kingston, en Jamaïque, le 29 novembre 2012. Cet atelier s’inscrit dans le prolongement de l’atelier régional intitulé Ajouter de la valeur aux produits alimentaires locaux pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle : mythe ou option stratégique – valoriser la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat, qui s’est tenu du 26 au 29 novembre. Des experts, des chercheurs et des professionnels du secteur industriel ont présenté des exposés sur divers aspects de la filière, y compris ses lacunes, et soumis plusieurs solutions ou options pour examen.[RAPPORTS CTA : AJOUTER DE LA VALEUR AUX PRODUITS ALIMENTAIRES LOCAUX POUR AMÉLIORER LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNELLE : MYTHE OU OPTION STRATÉGIQUE]

22/05/2013


Améliorer la production de manioc

Le manioc est-il la culture d’avenir pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle et le développement industriel ? Certainement pas, à moins que nous n’augmentions les investissements dans la science, la technologie et l’innovation (ST&I). Une présentation intéressante sur le Partenariat mondial pour l’amélioration génétique du manioc pour le XXIème siècle (GCP 21), livrée par le Dr Claude Fauquet le 28 mars dernier au siège du CTA , a ainsi permis d’engager une réflexion approfondie sur la nécessité d’une approche coordonnée du développement du manioc.  Selon le Dr Fauquet, le manioc est produit dans 105 pays, dont la moitié se trouve en Afrique, où les surfaces exploitées sont deux fois plus importantes qu’en Asie et en Amérique latine. Les rendements y sont toutefois inférieurs : 10 tonnes/ha, contre respectivement 12 tonnes et 19 tonnes par hectare en Amérique latine et en Asie. Quel rôle les universités et les instituts de recherche jouent-ils dans le programme de R&D consacré au manioc en Afrique ? Quelles organisations étudient les futures tendances de la consommation et de l’industrie du manioc ?  Quels sont les principaux programmes sur :1) la documentation et la caractérisation des variétés locales de manioc, des connaissances et des pratiques agricoles; 2) la performance des variétés locales de manioc dans un contexte climatique changeant (y compris concernant la résistance à la sécheresse et aux organismes nuisibles ); 3) la conception de nouveaux produits destinés à l’alimentation et à certains usages industriels; 4) l’amélioration du rendement potentiel; 5) l’uniformisation de la hauteur des plantes (variétés naines) et de la longueur des racines pour promouvoir le développement de la filière des produits alimentaires et d’origine animale, etc. ?  Certains centres d’expertise internationaux, en collaboration avec des organismes nationaux de R&D, tentent d’obtenir en laboratoire des versions exemptes de virus grâce au génie génétique et aux techniques de multiplication rapide. Si ces domaines de recherche revêtent une importance cruciale, le succès d’une « révolution verte » axée sur le manioc en Afrique et dans le monde dépend d’un certain nombre de conditions préalables : réflexions interconnectées, approche des systèmes d’innovation, prospective, investissements dans la science et l’ingénierie, cadre politique et institutionnel propice, leadership visionnaire de la part des chercheurs, des universitaires, des décideurs et du secteur privé, y compris les agriculteurs.

10/04/2013


La technique de multiplication des tiges de manioc : une option viable pour le développement du secteur ?

Ce document met en lumière la position stratégique du manioc dans les systèmes alimentaires et agricoles de millions de ménages ruraux, particulièrement en Afrique. Les principales questions liées à l’agronomie du manioc, notamment les plants et semences et la productivité par unité de surface, sont examinées. Le développement de variétés améliorées ainsi que l’état et les contraintes du système de distribution des semences de manioc au Nigeria sont soulignés. Par ailleurs, le développement de la technique de multiplication rapide de variétés de manioc améliorées est abordé, en mettant l’accent sur les méthodes et les raisons de l’utilisation de cette technique par les agriculteurs. Une étude de cas portant sur l’adoption et la capacité d’utilisation chez les agriculteurs dans une zone de culture du manioc du sud du Nigeria est présentée. Principalement, les opportunités et les contraintes liées à cette technique dans les processus d’innovation agricole pour le manioc sont étudiées et des questions sont soulevées quant à son aptitude à être appliquée à une plus grande échelle, étant donné les défis posés par l’obtention de quantités substantielles de racines.

9/07/2012


La filière industrielle du manioc dans les pays ACP : un mythe ou une option raisonnable ?

Cassava Les liens industriels, la recherche en partenariat et les innovations qui peuvent faire passer le manioc du statut de plante vivrière à celui d’un produit agro-industriel de premier plan sont examinés ici. On retiendra particulièrement les usages agro-industriels du manioc qui peuvent accélérer le développement du secteur au sein des communautés qui dépendent principalement de cette plante. Les stratégies Science, technologie et innovation (ST&I) seront manifestement cruciales pour la poursuite ou la promotion des utilisations du manioc dans le secteur agro-industriel ; elles devront intervenir tout au long de la filière manioc, de la préparation à la distribution en passant par la culture, la récolte, les opérations post-récolte, la transformation, l’emballage et la commercialisation. Une telle mutation du secteur demande des réformes institutionnelles et des programmes spécifiques afin que chacun prenne conscience du potentiel économique du manioc, bien au-delà de son statut de plante vivrière. La valeur nutritionnelle du manioc, son utilisation potentielle comme vecteur de vaccinations, biocarburant, plante fourragère ou sucrière, l’intérêt de sa fécule dans l’agro-industrie alimentaire ou non alimentaire, tous ces éléments jouent un rôle majeur dans la mutation du secteur. Il est également important de mettre rapidement en place une stratégie de recherche visant à sélectionner et à promouvoir des variétés de manioc durablement adaptées à un tel projet agro-industriel. Dans cette approche, il conviendra de distinguer les différents contextes possibles, à savoir : si le manioc domine les autres céréales, s’il est en position de faiblesse par rapport à elles ou s’il est facilement interchangeable avec elles. L’implication des États, des chercheurs spécialisés, des responsables politiques, des industriels, des producteurs et de tous les acteurs de la filière est évidemment nécessaire pour atteindre ce but ; il convient également d’agir pour mettre durablement en phase les producteurs de manioc et les marchés émergents. Les points déterminants de cette mutation seront les aides gouvernementales à la création de petites et moyennes entreprises de transformation du manioc et une recherche en partenariat orientée produit.

30/10/2006